Une SAS est une société par actions simplifiée : une société commerciale dotée de la personnalité morale, dont le capital est divisé en actions et dont les associés ne risquent que le montant de leurs apports. Elle séduit les créateurs d’entreprise, les startups et les projets à plusieurs associés grâce à la grande liberté dont elle dispose pour s’organiser.
SAS : définition et fonctionnement
La SAS est une société à part entière, distincte de ses associés. Elle possède son propre patrimoine, ses propres dettes et peut signer des contrats en son nom. Le patrimoine personnel des associés reste donc séparé de celui de l’entreprise, sauf en cas de faute de gestion ou de caution personnelle donnée à une banque.
Elle compte au moins deux associés, personnes physiques ou personnes morales, sans plafond légal. Lorsqu’un seul associé détient toutes les actions, on parle de SAS unipersonnelle, ou SASU. Le fonctionnement est identique, seule la gouvernance se simplifie puisqu’une seule personne décide.
Son atout principal tient à la liberté statutaire. Le Code de commerce impose peu de règles, ce qui laisse les associés fixer dans les statuts les modalités de vote, les pouvoirs du dirigeant, les conditions d’entrée de nouveaux associés ou la cession des actions. Cette souplesse explique son succès auprès des entrepreneurs qui prévoient une levée de fonds.
Capital, associés et président : comment ça marche
Aucun capital social minimum n’est exigé. On peut démarrer avec 1 €, même si un montant plus élevé rassure les banques et les partenaires. Les apports peuvent être faits en numéraire ou en nature (matériel, brevet, fonds de commerce). Au moins la moitié des apports en numéraire doit être libérée à la constitution, le reste dans un délai de cinq ans.
Capital à 1 € : possible, mais à manier avec prudence
Un capital symbolique ne bloque pas la création, mais il limite la capacité d’emprunt et peut inquiéter clients et fournisseurs. Mieux vaut le calibrer selon les besoins réels de l’activité des premiers mois.
Chaque SAS doit avoir un président, personne physique ou morale, qui la représente vis-à-vis des tiers. Il engage la société dans la limite de l’objet social et des pouvoirs prévus par les statuts. Ces derniers peuvent aussi créer d’autres organes : directeur général, comité stratégique, conseil de surveillance. Les décisions importantes (approbation des comptes, modification des statuts, affectation du résultat) relèvent des associés, selon les règles de majorité qu’ils ont fixées.
Une précision utile : une SAS ne peut pas faire de offre au public de titres financiers ni être cotée en Bourse. Elle peut en revanche accueillir des investisseurs privés, des business angels ou des fonds, ce qui en fait un statut courant pour les entreprises en croissance.
Régime fiscal et social de la SAS

Par principe, la SAS est soumise à l’impôt sur les sociétés. Le taux normal est de 25 %, avec un taux réduit de 15 % sur les premiers 42 500 € de bénéfice pour les petites structures qui remplissent les conditions. Sous certaines conditions, une SAS de moins de cinq ans peut opter temporairement pour l’impôt sur le revenu, une option qui reste limitée dans le temps.
Le président est en règle générale assimilé salarié lorsqu’il est rémunéré. Il bénéficie du régime général de la sécurité sociale (maladie, maternité, retraite), mais ne cotise pas à l’assurance chômage. Cette protection a un coût : les cotisations sont élevées, de l’ordre de 80 % du salaire net versé. Si le président ne se verse aucune rémunération, aucune cotisation n’est due.
Les associés peuvent par ailleurs percevoir des dividendes, qui ne subissent pas de cotisations sociales mais sont soumis au prélèvement forfaitaire unique, d’environ 30 %. Beaucoup de dirigeants combinent donc salaire et dividendes pour équilibrer leur couverture sociale et leur imposition.
Avantages, limites et SAS ou SARL
Parmi les avantages, on retient la responsabilité limitée aux apports, la flexibilité de la gouvernance, l’absence de capital minimum, la facilité d’accueillir de nouveaux associés et la protection sociale du président. Les limites sont tout aussi nettes : des charges sociales lourdes sur les salaires, des statuts à rédiger avec soin (donc souvent un coût de conseil), et un fonctionnement moins encadré, qui peut créer des conflits si les règles sont mal pensées.
Face à la SARL, le choix dépend surtout du projet. La SARL offre un cadre légal plus rigide, rassurant pour une affaire familiale, avec un gérant majoritaire relevant du régime des indépendants. La SAS convient mieux à un projet évolutif, à plusieurs associés ou destiné à lever des fonds.
| Critère | SAS | SARL |
|---|---|---|
| Associés | 1 minimum (SASU), sans maximum | 1 minimum (EURL), 100 maximum |
| Dirigeant | Président, assimilé salarié | Gérant, souvent travailleur indépendant |
| Gouvernance | Très libre, fixée par les statuts | Plus encadrée par la loi |
| Cotisations du dirigeant | Élevées, couverture plus complète | Plus faibles, protection réduite |
| Levée de fonds | Adaptée | Moins pratique |
Pour créer une SAS, il faut rédiger les statuts (vous pouvez partir d’un modèle de statuts pour SAS), déposer le capital, puis procéder à l’immatriculation auprès du greffe du tribunal de commerce, qui entraîne l’inscription au RCS. Le détail de ces démarches est expliqué dans notre article sur les étapes pour créer son entreprise, mais retenez l’essentiel : la SAS offre un cadre souple pour entreprendre à plusieurs ou seul, à condition d’accepter un régime social plus coûteux.







