Stratégie

Redressement judiciaire chez Gifi, pas de suppression d’emploi immédiate annoncée pour les 6.000 salariés

Facade du magasin Gifi avec chariot devant l entree

Si vous travaillez chez Gifi, ou si vous avez un magasin de l’enseigne près de chez vous, la question est directe : que se passe-t-il ? Gifi va solliciter l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire. Pour les 6.000 salariés, la direction promet pourtant qu’il n’y a aucune suppression d’emploi immédiate, et insiste sur ce « à ce stade ».

Gifi demande son redressement judiciaire : ce qui est annoncé

La nouvelle a été communiquée aux équipes mardi par Patrick Puy, le président du directoire. Nommé récemment à la tête du groupe, il a écrit aux salariés pour expliquer sa décision. Gifi, enseigne de bazar fondée en 1981, va demander au tribunal compétent d’ouvrir un redressement judiciaire.

L’objectif affiché est clair : protéger l’entreprise et poursuivre son activité. Il ne s’agit donc pas d’une fermeture, mais d’une procédure qui place la société sous la protection de la justice le temps de remettre ses comptes d’aplomb. Les démarches auprès du tribunal restent à engager, et les créanciers de l’enseigne peuvent consulter la déclaration de créance en procédure collective.

Dans son courrier, le dirigeant décrit un contexte qui s’est tendu : « Comme vous le savez, le marché s’est nettement dégradé au cours de l’été et GiFi n’a pas été épargnée. »

Emploi : aucune suppression immédiate, aucun PSE à ce stade

C’est le point que tout le monde cherche. Patrick Puy affirme que le redressement judiciaire n’entraînera, par lui-même, « aucune conséquence immédiate sur l’emploi ». Aucun nouveau PSE (plan de sauvegarde de l’emploi) n’est engagé pour l’instant.

Le message aux équipes est très concret : « Nos magasins restent ouverts. L’activité se poursuit. Vos contrats de travail sont inchangés. » Autrement dit, ni fermeture brutale, ni modification de contrat n’est annoncée à ce jour.

« À ce stade » : la nuance à ne pas lire trop vite

La direction ne garantit pas l’avenir de tous les postes. Elle dit que la procédure n’a pas, en elle-même, d’effet immédiat sur l’emploi. La suite dépendra de la décision du tribunal et des choix qui seront faits ensuite pour redresser l’entreprise.

Pourquoi Gifi en est arrivée là

Magasin Gifi aux rayons vides et cartons ouverts

Les difficultés ne datent pas de cet été. Le siège de l’enseigne est à Villeneuve-sur-Lot, dans le Lot-et-Garonne, et l’entreprise souffre depuis l’échec d’un changement de système informatique en 2023. Ce type de bascule, quand il tourne mal, peut perturber les approvisionnements et les ventes.

À cela s’ajoute une concurrence féroce. Action et Maxibazar occupent le même terrain du petit prix en magasin, tandis que Temu séduit les acheteurs en ligne. Gifi se retrouve donc pris en étau entre les enseignes physiques et les plateformes.

L’emploi avait déjà été sur la table l’an dernier. En 2025, l’enseigne avait envisagé une suppression de 5 % des effectifs, avant de suspendre ce projet. L’idée que l’emploi n’a jamais été menacé chez Gifi serait donc inexacte : la situation est fragile depuis un moment.

Magasins et cession à Grand Frais : la suite

Le réseau compte quelque 500 magasins. Gifi a engagé des discussions avec Grand Frais pour lui céder une trentaine d’entre eux. Cette cession de magasins pourrait alléger le dispositif, mais aucun détail n’a été donné sur son calendrier ni sur le sort des équipes concernées.

Pour les clients, rien ne change à court terme : les magasins restent ouverts et l’activité continue, mais les détenteurs de cartes cadeaux d’enseigne en difficulté doivent surveiller leurs avoirs. C’est l’un des intérêts du redressement judiciaire, qui permet de poursuivre l’exploitation pendant que l’entreprise cherche une solution de fond.

Ce que l’on ignore encore

Plusieurs questions restent ouvertes. Le tribunal doit d’abord se prononcer sur l’ouverture de la procédure, une fois la demande déposée. Ensuite, il faudra voir quel plan de redressement sera proposé, et ce qu’il prévoira pour les magasins et pour les postes.

Pour un groupe implanté dans le Lot-et-Garonne et employant 6.000 personnes en France, l’enjeu dépasse la seule entreprise. Pour les salariés, les prochaines semaines diront si ce « à ce stade » reste valable. Pour l’instant, ce qui est annoncé tient en quelques mots : procédure demandée, magasins ouverts, contrats de travail inchangés et pas de PSE engagé.

Ce qu’il faut retenir pour les salariés

  • La procédure vise à sauvegarder l’entreprise et à poursuivre l’activité.
  • Aucune conséquence immédiate sur l’emploi n’est annoncée, et aucun nouveau PSE n’est engagé.
  • La direction maintient les contrats de travail tels quels pour le moment.
Alain s’intéresse à ce qui fait réussir, ou échouer, une entreprise. Il analyse modèles économiques, choix de dirigeants et tendances de marché pour en tirer des enseignements clairs et directement applicables.

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